Livret A, assurance vie, plan d’épargne en actions : la plupart des épargnants français connaissent les grandes enveloppes. L’or physique occupe une place à part. Il ne se loge dans aucune d’elles, ne rapporte aucun intérêt et suit ses propres règles fiscales. Les records de cours de ces dernières années l’ont pourtant remis dans bien des conversations. Voici les repères pour comprendre ce qu’il est, ce qu’il coûte et ce qu’il ne fait pas. Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil en investissement : chaque situation mérite d’être étudiée avec un professionnel.
De quoi parle-t-on exactement ?
L’expression « or physique » désigne le métal que l’on détient réellement, par opposition à « l’or papier » : fonds indiciels, certificats ou actions de sociétés minières, qui exposent au cours sans remise du métal. Trois grandes formes coexistent.
| Forme | Caractéristiques | Points d’attention |
|---|---|---|
| Lingots et lingotins | Or fin à 999,9 millièmes, du gramme au kilo | Conserver le certificat ; les petits formats supportent une prime plus élevée |
| Pièces d’investissement | Napoléon, Souverain, Krugerrand, etc. | La prime varie selon la demande, le millésime et l’état |
| Bijoux | Or allié, souvent 18 carats | Le prix d’achat inclut la façon, rarement récupérée à la revente |
Les bijoux ont leurs mérites, mais ils ne sont pas considérés comme de l’or d’investissement. Sur le plan fiscal, seul ce dernier, lingots et pièces répondant à certains critères, est exonéré de TVA à l’achat.
Ce que l’or apporte, et ce qu’il n’apporte pas
Ses défenseurs mettent en avant sa longue histoire de réserve de valeur, son indépendance vis-à-vis du système bancaire et sa tendance à être recherché lors des crises. Il est souvent présenté comme un outil de diversification, dont le comportement diffère de celui des actions ou des obligations.
Ses limites sont tout aussi réelles. L’or ne produit aucun revenu : le seul gain possible vient d’une revente plus chère que l’achat. Son cours est volatil et a déjà connu de longues périodes de baisse. Il est exprimé en dollars, ce qui ajoute un effet de change pour un épargnant en euros. Et contrairement au Livret A, le capital n’est jamais garanti.
Les coûts que l’on sous-estime
Acheter de l’or, c’est payer le cours du métal plus une prime. À la revente, le professionnel rachète à un prix inférieur à son prix de vente. Cet écart, auquel s’ajoute la fiscalité, doit être compensé par une hausse du cours avant de dégager le moindre gain.
Il faut aussi compter la conservation. Garder de l’or chez soi expose au vol et pose la question de l’assurance ; le coffre bancaire a un coût annuel et n’est pas toujours disponible. Certains vendeurs proposent un stockage sécurisé, lui aussi payant.
Pour évaluer ces écarts, le plus simple est de comparer les prix affichés par plusieurs négociants. Certains publient le détail : sur maison-or-bijoux.com, par exemple, la valeur du métal, la prime en euros et en pourcentage ainsi que le prix de rachat sont indiqués pour chaque format. Ce type de transparence permet de mesurer concrètement le coût d’un aller-retour.
Deux régimes fiscaux à la revente
À la date de rédaction, en septembre 2026, la cession d’or d’investissement par un particulier est soumise par défaut à la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, au taux de 11,5 % du prix de vente, que la vente soit gagnante ou non. Sur option, le vendeur qui peut prouver la date et le prix d’achat relève du régime des plus-values : 36,2 % prélèvements sociaux compris, avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, soit une exonération totale au bout de 22 ans.
La conséquence pratique est simple : sans facture, pas d’option possible. Conserver ses justificatifs d’achat est donc essentiel. Ces règles peuvent évoluer avec les lois de finances et doivent être vérifiées au moment de vendre.
L’or face aux autres formes d’épargne
L’or physique ne joue pas le même rôle qu’une épargne de précaution. Celle-ci doit rester disponible immédiatement et sans risque de perte, ce que permettent les livrets réglementés, dont le Livret A plafonné à 22 950 euros pour un particulier. Pour en comparer les caractéristiques, consultez notre guide des livrets réglementés.
La place éventuelle de l’or dépend ensuite de l’horizon de placement, de la tolérance aux variations, du patrimoine existant et des projets de chacun. Aucune proportion n’est valable pour tout le monde. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un conseiller en investissements financiers peut aider à situer ce métal dans une stratégie globale, en tenant compte de l’ensemble de votre situation.
